Le genre Cyberpunk et ses origines

La science-fiction est un genre pilier de la littérature qui depuis ses débuts, il y a de ça quelques millénaires maintenant, a donné naissance à de nombreux sous-genres. Le terme officiel, quant à lui, est plus récent et trouve son origine vers le milieu du 19ème siècle. Les œuvres qui se classent dans cette catégorie sont légion et aujourd’hui encore, il est possible de retrouver des traces des différents thèmes liés au genre, que ce soit dans des films, des livres, des animés, des jeux vidéo ou encore même des bandes dessinées.
Le cyberpunk se trouve être un de ces sous-genres, mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il est important de revenir sur les points essentiels de la science-fiction et ce qu’elle représente.
Wikipedia dit :
[…] elle consiste à raconter des fictions reposant sur des progrès scientifiques et techniques obtenus dans un futur plus ou moins lointain (il s’agit alors également d’anticipation), parfois dans un passé fictif ou dans un univers parallèle au nôtre, ou des progrès physiquement impossibles, du moins en l’état actuel de nos connaissances. (Extrait de la page « Science-fiction ».)
De l’imagination des auteurs naissent donc des technologies ou des galaxies lointaines, très lointaines, qui n’existent pas encore aujourd’hui ou n’existeront peut-être même jamais. Et des sous-genres les plus marquants, il est possible retenir les suivants :
– L’anticipation : S’essayer à décrire le monde dans un futur proche ou lointain, afin d’en donner un aperçu possible ; pas toujours liée à la SF, mais fonctionnent bien ensemble. Exemples : 1984 de George Orwell, FUTU.RE de Dmitry Glukhovsky, Time Out d’Andrew Niccol.
– La SF post-apocalyptique : Une catastrophe (accident nucléaire, invasion extraterrestre, pandémie…) est survenue, la civilisation telle qu’on la connaît s’est éteinte. Des personnes tentent de survivre dans un monde hostile. Exemples : Fallout: New Vegas d’Obsidian Entertainment, 28 jours plus tard de Danny Boyle, Ravage de René Barjavel.
– Le Space opera : Voyages dans les profondeurs infinies de l’univers. Des empires ont développé des technologies capables de les emmener au-delà de leur galaxie, leur permettant d’explorer des planètes à des milliers d’années lumières de leur foyer. La présence de races extraterrestres est aussi une option. Exemples : La série Mass Effect de Bioware, l’Hexalogie Star Wars de George Lucas, Ulysse 31.
– Le voyage dans le temps : Des personnages retournent dans le passé ou plongent dans le futur grâce à des machines ou d’autres procédés scientifiques. Se posent alors possiblement des questions sur les dangers de ce genre d’aventures. Exemples : La Machine à explorer le temps de H. G. Wells, Erased de Kei Sanbe, La trilogie Retour vers le futur de Robert Zemeckis.

Le cyberpunk (cybernétique et punk, par association) est une évolution naturelle de l’anticipation et pourrait se définir comme étant le petit côté pessimiste, fataliste, de la science-fiction. À contre-courant du space opera, le plus gros des histoires se déroule uniquement dans un cadre planétaire, omettant la plupart du temps la question de la conquête spatiale, même si cette dernière existe dans le contexte de l’œuvre, car tel n’est pas le sujet principal. La technologie est très avancée par rapport à aujourd’hui et la question du transhumanisme est un des grands thèmes de ces récits, aux côtés de l’informatique et son évolution, l’existence et la place de l’IA, les augmentations, l’usage des drogues, l’ultraviolence, la sexualité et le manque de libertés.
Les personnages des œuvres cyberpunk évoluent dans une société corrompue, parfois dystopique, en proie aux fractures sociales. Le pouvoir en place s’autorise les pires décisions, parfois même sans s’en cacher, le tout en collaboration avec les plus grandes entreprises, des mégacorporations, ainsi que les célébrités les plus influentes, qui monopolisent les différents milieux. Les protagonistes s’opposent presque toujours à ce système de différentes manières, certains étant des génies de l’informatique et aficionados de la matrice, d’autres des maîtres dans l’art du combat et des armes à feu. Parfois désabusés, loups solitaires, œuvrant pour une raison qu’eux seuls connaissent, ils n’hésitent pas à faire des choix que certains considéreraient comme immoraux afin de parvenir à leurs fins.
Le cyberpunk, c’est aussi une esthétique. Des couleurs vives et des néons, de l’acier clinquant, des hologrammes, un certain sens de la mode, de la publicité et du divertissement en veux-tu en voilà… Les ethnicités, les origines et les cultures se mélangent dans des grandes villes labyrinthiques où s’érigent des immeubles géants et les musiciens en herbe crachent leur haine des grandes puissances dans des petits sous-sols transformés en bars clandestins. Le monde n’a jamais été aussi connecté, mais les gens semblent plus déconnectés que jamais de la réalité et des uns des autres. Le virtuel et le réel se mélangent et se confondent à tout moment.
Vous l’aurez compris, on parle donc ici d’un genre d’œuvres vraiment à part, qui dans les années 80 a connu son pic de popularité, avant de s’éclipser petit à petit au profit d’autres styles de récit. Néanmoins, le cyberpunk n’a jamais vraiment trouvé la mort, malgré les dires de différents auteurs de l’époque. Au contraire, il n’a jamais été aussi présent aujourd’hui, que ce soit dans les jeux vidéo, les films, ou les romans. Peut-être est-ce dû au contexte actuel, qui se rapproche étonnamment de ce qui pouvait être décrit dans les histoires de l’époque, ou tout simplement une volonté de faire revivre et exploiter un mouvement qui a su marquer son public des décennies en arrière.
Pour finir, voici une petite liste d’œuvres cyberpunk que j’ai pu lire, voir, ou auxquels j’ai pu jouer ces dernières années et qui pourraient vous intéresser :
- Films/séries/animés : Bladerunner, Matrix, Carbone modifié, Psycho Pass, Minority Report, Le Cinquième Élément
- Romans/mangas : Neuromancien, Ghost in the Shell, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, Black Man
- Jeux vidéo/jeux de rôle : Deus Ex, Cyberpunk 2020, Shadowrun, Gamedec, Ghostrunner, Remember Me